Veloma

Au retour de mes pérégrinations, Ella Maillart m’avait indirectement soufflé : « Je sais, d’expérience, que courir le monde ne sert qu’à tuer le temps. On revient aussi insatisfait qu’on est parti. Il faut faire quelque chose de plus. » Ce «quelque chose de plus» fut pour moi les hauts plateaux de Madagascar. Un pays à la fois simple et complexe, un pays attachant si l’on veut bien mettre le temps  de côté. A l’écart d’une foule paisible, et alors que je vis actuellement mes dernières heures sur cette terre, je revois les passants s’accrochant aux grilles des boutiques afin d’y lire les grands titres des journaux ; je me lève, léger, poreux, emprunte le sentier, effleure l’épaule d’une vieille femme à la grâce naturelle. Je ne connais ni la vie ni le nom du tireur de pousse qui vient de me saluer. J’ai pourtant l’impression de le connaitre depuis toujours. Voilà maintenant deux ans que je le croise chaque matin au même endroit. Je refais surface au devant d’une gargote, y commande un café et quelques mofo gasy. « Mahay miteny gasy tsara ! » Je ne me lasse ni de cette phrase, ni des intonations chantantes s’échappant de part et d’autre de la rue. Lanzmann, au retour de ses voyages, ne savait plus dans quelle sorte de répertoire se classer. Partir est une chose, revenir en est une autre. Les souvenirs et les sons comme refuge, j’avancerai puisque de toute façon, « il faut faire quelque chose de plus »…

« Raha sendra lasa izaho
Dia izao no zavatra hataonao ahy
Medehana any an-tsaha
Ary Mangala
Voninkazo mimosa »

Mahaleo

http://www.dailymotion.com/video/x9z4g0


4 Comments

  1. Lalatiana
    Posted 26 novembre 2010 at 13:35 | Permalink

    N’oublie pas : »quand on a bu l’eau… » En tous cas bon vent et te souhaite des tonnes de « quelque chose de plus »

  2. JM
    Posted 5 décembre 2010 at 17:46 | Permalink

    Bon retour l’Ami, des tonnes de courage pour toi et, surtout, ne perds jamais ta belle passion, celle qui, seule, nous rend fous, fous d’aimer la Vie comme elle se présente et tous ceux qui la font Etre !
     » L’important, dans levoyage, ce n’est pas d’

  3. JM
    Posted 5 décembre 2010 at 18:08 | Permalink

    « L’important dans le voyage ce n’est pas d’arriver mais c’est de le faire ».
    Tu as fait un beau voyage à Madagascar, tu as emporté pour toujours un morceau de la Grande île dans ton cœur et tu lui as laissé un morceau de Toi en legs ! ainsi va la vie des voyageurs impénitents que nous sommes!

  4. Doillon Carole
    Posted 20 janvier 2011 at 13:07 | Permalink

    Partir, c’est mourir un peu,
    C’est mourir à ce qu’on aime:
    On laisse un peu de soi-même
    En toute heure et dans tout lieu.

    C’est toujours le deuil d’un vœu,
    Le dernier vers d’un poème;
    Partir, c’est mourir un peu,
    C’est mourir à ce qu’on aime.

    Et l’on part, et c’est un jeu,
    Et jusqu’à l’adieu suprême
    C’est son âme que l’on sème,
    Que l’on sème en chaque adieu:
    Partir, c’est mourir un peu.

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